Suren Erkman

- Face aux délocalisations, des élus évoquent le refus d’une « fatalité », celle de la spécialisation… et l’urgence de réfléchir à d’autres formes de développement, « endogènes », appuyées sur l’innovation, les ressources locales. C’est ce que permet l’écologie industrielle ?

Même si on ne peut pas de parler de fatalité au sens de « fatum », on ne doit pas négliger le risque d’inerties, liées à des choix, par exemple d’équipements très structurants en matière de consommation d’énergie, d’activité économique, etc. Plus on aura « mis ses billes dans le même panier », plus il sera difficile de trouver des solutions nouvelles, avec la souplesse nécessaire. Les outils de l’écologie industrielle doivent être intégrés dès la planification, le plus tôt possible.

L’écologie industrielle représente une véritable rupture, d’un point de vue conceptuel, avec ces rigidités. Elle permet d’imaginer et de construire ces nouvelles solutions.

- Des journalistes, des experts, des élus, présentent l’abandon du capitalisme comme un préalable à une politique adaptée aux besoins de la planète. C’est ce que préconise l’écologie industrielle ?

Votre question porte sur les buts de l’activité économique. L’écologie industrielle ne se prononce sur ces finalités, elle s’intéresse à leur viabilité, à la durabilité de la gestion des ressources, à la recherche des meilleures solutions.

Il faut être très prudent à l’égard de ces prises de positions idéologiques et du jeu médiatique qu’elles suscitent. L’histoire montre que des risques de dérives existent.

- Quelle est la parenté de l’écologie industrielle avec le « biomimétisme » ?

Le biomimétisme part du fonctionnement de l’organisme. Il a une forte connotation idéologique, en particulier aux Etats-unis. Elle doit nous conduire à une certaine prudence. Je préfère évoquer une réflexion à l’échelle de l’ensemble des systèmes vivants.

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