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Est-ce parce qu’il est né à Mexico dans une Ford Mustang que Léonard  « Ledj Léo » Baudouin a la bougeotte ? Après cinq années passées au Mexique, il suit ses parents en Ethiopie,  puis en Syrie, fait quelques détours sur d’autres continents, fréquente l’Inalco (Langues O’) et travaille dans un bar à Paris puis, en 2007, repart pour Addis-Abeba.

Auteur, compositeur, interprète, Ledj Léo a présenté dans la capitale éthiopienne, en concert et en avant-première, au mois de décembre dernier, les titres de The Love’s Journey (Ledj Léo and Friends),  son nouveau CD  de fusion reggae, pop-rock et musique traditionnelle éthiopienne, dans lequel il réunit autour de lui des musiciens et chanteurs éthiopiens, jamaïcains, américains et mahorais.

THE LOVE’S JOURNEY

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Auteur/compositeur/interprète : Ledj Léo

Compositeur/arrangeur : Baco – Producteur/ingénieur du son : David F.


« Addis-Abeba, dit-il, c’est le pays de mon enfance où, avec ma famille, j’ai passé sept ans après avoir quitté le Mexique. Ma musique s’imprègne de ces voyages. J’ai grandi au contact des habitants des pays où je vivais et j’ai naturellement appris leur langue :  l’espagnol au Mexique, l’amharique en Ethiopie, l’arabe syro-libanais avec mes amis syriens… Je suis Français, bien sûr, mais aussi tout cela à la fois. »

Pourquoi « Ledj – prince en amharique – Léo » est-il revenu en Ethiopie ? « Il y a deux ans, dit-il, c’était le nouveau millenium dans le calendrier éthiopien,  le bon moment pour rentrer au pays. Je m’y suis installé pour faire la musique dont j’avais envie. Avec un ami, j’ai ouvert à Addis-Abeba,  un bar à coktails, ‘Vibrations’, où, tous les dimanches, nous avons une session musicale. Je m’y produis et j’y invite de nouveaux talents éthiopiens. »

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Une scène musicale en plein renouveau

 

A Addis, la scène musicale est très vivante. « Le terrain est favorable, explique Léonard Baudouin. Les chanteurs éthiopiens sont de très bons vocalistes et, là-bas,  la musique rythme tous les instants. »

La musique est présente à tous les instants de la vie  à Addis  : aux sections de cuivres  des orchestres traditionnels se superpose le son de nouvelles stations FM  spécialisées par genre musical ; clubs et discothèques où règne le « live » se multiplient ; les taxis  eux-mêmes sont sonorisés en permanence par leurs autoradios …

Certes la production est encore peu développée, les studios d’enregistrement quasi inexistants et les grands orchestres influencés par la soul musique américaine, qui avaient fleuri dans les années 60-70, ont été concurrencés par l’envahissant synthétiseur des années 80.

« Heureusement, dit Léonard Baudouin, on revient aujourd’hui à des formations complètes. Et cela en même temps que se créent des écoles de musique, qu’apparaissent de plus en plus de nouveaux musiciens. Ce qui n’empêche pas que la musique traditionnelle – celle des mariages et des bars – continue à être bien vivante.« 

 

 

Un pont entre musiques « modernes » et « traditionnelles »

La jeunesse éthiopienne des villes, explique-t-il, a pour références les standards occidentaux et MTV.  Ce qui n’empêche pas le reggae d’être très populaire. Le jamaïcain Bob Marley a toujours été considéré comme un enfant du pays. La star à fait plusieurs séjours en Ethiopie et sa famille a récemment demandé que  sa tombe y soit transférée. L’empereur Hailé Sélassié avait donné le village de Chamachané, au sud,  à une communauté jamaïcaine rastafarie, qui y a fait souche. Aujourd’hui, des Jamaïcains investissent dans le pays, où ils ont en particulier créé des usines de chaussures.

Paradoxalement ce sont des Ethiopiens qui ont vécu à l’étranger ou d’adoption comme Ledj Léo qui établissent des ponts entre musiques traditionnelles et  »modernes ».

 

Cliquer ici pour voir et entendre un extrait du concert Ledj Léo and Rosa

Cliquer ici pour d’autres extraits

« La musique traditionnelle, explique Léonard Baudouin, est jouée essentiellement par l’équivalent des griots de l’Afrique de l’ouest qu’ici on appelle Azmari  et qui, en fonction de l’événement ou du public, improvisent dans des bouis-bouis. On commence à découvrir cette musique en France puisque des producteurs les ont fait venir récemment à Paris. En Ethiopie, toutes les générations les connaissent et les apprécient mais, on ne les mélange pas avec la musique ‘moderne’. C’est notre apport : nous avons introduit dans notre musique l’usage d’instruments traditionnels comme le massonko (violon à une corde) et le krirar (lyre)  et je chante certains morceaux, comme Men Lebelesh (Que te dire ?) en amharique. »

Ces initiatives commencent à inspirer d’autres acteurs de la scène musicale éthiopienne puisqu’on voit maintenant des producteurs locaux mêler, par exemple, des instruments traditionnels au beat hip-hop. Et, même la musique « pop » commerciale éthiopienne expérimente cette fusion… « Ce mouvement, fait remarquer Léonard Baudouin, se développe sur un terrain favorable : on assiste à un regain d’affirmation de l’identité nationale au sein de la jeunesse éthiopienne. Par exemple, on voit maintenant une chose inimaginable en ville il y a dix ou vingt ans :  des jeunes portant l’habit traditionnel. »

Pour apporter leur contribution à ce nouvel essor musical, Ledj Léo et ses amis ont fait le projet d’ouvrir en 2011, dans la capitale éthiopienne, une école d’ingénieurs du son…

Claude Puy

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Pour en savoir plus :

www.ledjleo.com

www.hiriz.com

www.myspace.com/ledjleo