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- Quel rôle peuvent jouer les éco-entreprises dans la relance de l’économie?
T. C.
Après le Grenelle de l’environnement,  le ministère de l’Ecologie a annoncé que les décisions prises et les investissements prévus allaient permettre de créer 600 000 emplois à horizon 2012. Nous avons travaillé sur ces prévisions au Centre d’analyse stratégique, en utilisant le modèle Nemesis, dans lequel nous avons ‘injecté’ les investissements du Grenelle. Nous sommes arrivés à une fourchette de 400 000 à 700 000 emplois. Nous avons aussi constaté qu’il y avait un pic d’emploi vers 2012-2013 mais qu’après la réalisation des investissements – dans l’habitat, les transports, les infrastructures -, à l’horizon 2020, la création d’emplois avait tendance à s’estomper. Nous avons identifié deux conditions pour quelle perdure : la formation aux emplois ‘verts’ et l’accompagnement des éco-entreprises pour exporter leurs produits et services. Naturellement, dans ces projections, les disponibilités financières peuvent être un frein


- Cette relance, est-elle due à un un effet de type keynésien à un moment donné ou peut-on espérer quelque chose de plus durable ?
T. C. Au départ, c’est de la relance keynésienne, mais qui peut trouver un relais  grâce à une bonne exploitation des progrès technologiques et à l’accompagnement d’entreprises qui se seront musclées sur le marché national et pourront ensuite aller à l’export. Les premiers acteurs à convaincre de participer à cette relance sont les acheteurs : le public, les collectivités, l’Etat, les industriels. Il faut qu’ils orientent leurs achats vers les écoproduits, les éco-services, les éco-process. Il y a de signes de cette prise de conscience. Par exemple pour l’électroménager grand public, on fait maintenant attention à la consommation d’énergie, au bruit… On commence à accepter un surcoût pour consommer moins ensuite.
Les entreprises, elles, sont incitées par l’opinion publique, le gouvernement. Elles voient  se dessiner un monde nouveau : l’éco-transition est un réalité, en partie à cause de l’épuisement prévisible des ressources. Cette pression influe sur la stratégie des industriels qui savent qu’il faut par exemple diversifier les sources d’énergie. Quant aux financiers, pourquoi n’iraient-ils pas dans une direction où l’investissement semble prometteur ?

- Quel souhait pourriez-vous exprimer ?
T. C. L’Europe crée le Droit de l’environnement, notamment par les directives de la Commission. Face à cette réalité, en France, on a souvent tendance à mieux écouter les entreprises que ces changements perturbent que celles qui pourraient en tirer avantage, comme les éco-entreprises. Cette attitude ne nous place pas dans une position dynamique vis-à-vis des innovations du Droit de l’environnement et du secteur des éco-entreprises. Il faudrait aussi donner à ces dernières la possibilité de s’exprimer et d’être entendues sur les perspectives de marché que peuvent leur ouvrir ces directives, ces évolutions du Droit communautaire.

Propos recueillis par H. L.

Pour plus d’informations

. Le ‘’rapport Chambolle’’ sur les écotechnologies
www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Chambolle.pdf

. Eco-entreprises et éco-industries
www.netvibes.com/eco-technologie#Eco-technologies
www.cd2e.com