2009-06-25-laurent-monsaingeon[1]

Directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie Nice Côte d’Azur et directeur des ports qu’elle administre (Cannes, Golfe-Juan, Nice et Villefranche-sur-Mer), LAURENT MONSAINGEON explique ici comment les gestionnaires des ports de commerce ou de plaisance de la Côte d’Azur mènent de front développement économique, amélioration du service aux usagers, modernisation des équipements et, simultanément, maîtrise des consommations et politique de protection de l’environnement.

LMonsaingeon


- Comment définiriez-vous votre approche du développement durable ?

Laurent Monsaingeon
. Nous avons des axes prioritaires. Il s’agit d’abord de contribuer aux dynamiques économiques en maintenant les activités d’intérêt collectif – le transport passagers et marchandises –,  le tourisme, en participant à l’animation des villes et en offrant des services accessibles et compétitifs.

L’intégration des ports dans leur environnement passe par la concertation avec les collectivités, l’amélioration de l’accès aux ports pour les personnes à mobilité réduite, la sensibilisation des publics (professionnels, clients, scolaires, etc.) et la sécurité des personnes. L’autre impératif – auquel nous attribuons une importance équivalente – est la préservation des milieux naturels, qui implique de maîtriser les impacts environnementaux, avec, en particulier, l’objectif de supprimer tout rejet d’eaux usées dans les ports, d’améliorer la collecte et le recyclage des déchets, de réduire les nuisances sonores et de maintenir de la qualité de l’air.

Nous avons, en même temps, une démarche proactive associée à la norme ISO 14001 pour maîtriser les consommations, renforcer les accords d’excellence (charte ciment, charte croisière, Pavillon vert, port propre, labels…) et intégrer les problématiques littorales et côtières dans les grandes politiques nationales et locales (Grenelle de l’environnement, contrat de baie, SDAGE, SAGE …)

- Par quelles actions se concrétise cette démarche ?
L. M
. Chaque port a des caractéristiques spécifiques en termes de situation, d’activité et donc de besoins. On peut citer quelques exemples des réalisations liées à ces besoins. Le contexte urbain dans lequel s’inscrit le port de Cannes a orienté la modernisation de l’outil portuaire et les travaux d’aménagement qui y ont été entrepris. Des véhicules électriques ont été mis à la disposition des services portuaires, une opération « port propre » a été engagée et un groupe projet a été constitué avec l’objectif d’obtenir, à la fin 2010, la certification ISO 14001.

A Golfe-Juan, les palaplanches des quais du port (les enceintes qui constituent un batardeau ou un écran imperméable face à la mer) ont été protégées de la corrosion en les recouvrant de 268 anodes, soit 15,5 tonnes d’alliage. Les sanitaires du quai Tabarly ont été refaits à neuf et sont désormais accessibles aux personnes handicapées. D’autres dispositifs ont été mis en place pour maîtriser la consommation d’eau avec la télérelève des compteurs, et récupérer les eaux usées à l’entrée du port en cas de fortes pluies. Nous travaillons aussi à réduire les nuisances sonores de la grue de l’aire de carénage est.
A Villefranche, les voies d’eau du bassin de radoub occasionnent un pompage permanent, qui consomme beaucoup d’énergie. Un étanchement a été effectué et, dans le cadre d’une opération « port propre », une pompe mobile permettant la récupération des eaux grises et noires des bateaux de plaisance a été mise en service.

- Et, à Nice ?
L. M
. Le port de Nice est d’abord un port de commerce, avec les contraintes environnementales liées à cette activité. Il a une longue histoire, qui lui a, notamment, légué un patrimoine architectural classé à l’inventaire des monuments historiques. Il fait naturellement l’objet d’une attention constante des collectivités et de son gestionnaire, la Chambre de commerce et d’industrie.

Ces dernières années, le Département et la Ville de Nice ont lancé  un programme important de réhabilitation du port. Pour ce qui relève de notre responsabilité, nous prenons régulièrement des initiatives visant à améliorer la qualité des services, l’efficacité économique et environnementale. Ainsi, par exemple, en 2009, nous avons mis en place un nouveau plan de réception et de traitement des déchets portant en particulier sur la collecte et le tri des déchets spéciaux, l’amélioration du tri des bouteilles de gaz, des cartons, du bois, des tubes néon et des ampoules à basse consommation.

L’important trafic de bateaux cimentiers génère une pollution particulière. Nous avons intégré cette contrainte depuis longtemps – à tel point que peu de visiteurs savent que Nice est le premier port cimentier de France – mais nous essayons en permanence d’améliorer le dispositif mis en place : ainsi, récemment, nous nous sommes équipés d’une balayeuse aspiratrice de ciment.

La consommation d’eau a fait l’objet d’une attention particulière et nous avons, comme à Golfe-Juan, mis en place une télérelève des compteurs. Pour mieux maîtriser la consommation d’électricité, nous avons effectué un diagnostic complet de l’éclairage du port, éclairé par LED les nouvelles bornes des emplacements dédiés à la plaisance et fait bénéficier d’un éclairage LED le mur Cassini, qui est classé monument historique. Tous ces aménagements ont contribué à ce qu’un audit de suivi confirme la certification ISO 14001 du port, comme cela a été le cas pour Golfe-Juan. Parallèlement, une optimisation du plan de mouillage va nous permettre de gagner 30 postes à flot et 24 mètres linéaires de pontons flottants de plus.

. Avec plus de 500 collaborateurs et une vingtaine d’établissements, la CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE NICE COTE D’AZUR, que préside Dominique Estève, est un acteur essentiel du développement économique régional. Elle a vocation à représenter et accompagner les 66 000 entreprises des Alpes-Maritimes et contribue à accroître la compétitivité du territoire, en participant au plan de relance économique. La CCI Nice Côte-d’Azur exerce de nombreuses missions d’intérêt général dans le domaine de l’apprentissage et des services aux entreprises, gère la Ceram Business School (qui s’est regroupée avec l’ESC Lille pour créer Skema Business School présente à Paris, Lille, Sophia-Antipolis et en Chine, n°1 aujourd’hui, en nombre d’étudiants, des écoles de commerce françaises), exploite quatre ports, deux hélistations et un parc d’activité logistique.
Depuis juillet 2008, la CCI Nice Côte-d’Azur est actionnaire de la Société des Aéroports Nice Côte-d’Azur dont Dominique Estève est président du conseil de surveillance. www.riviera-ports.com

. Ingénieur de formation, ancien de l’Ecole navale, officier de marine (capitaine de corvette), après quatorze années passées à sillonner les mers aux commandes de bâtiments de combat, en 1986, LAURENT MONSAINGEON, prend les rênes d’une PME d’ingénierie, avant de devenir directeur marketing et commercial d’une grande société d’ingénierie du sud de la France. Depuis 1996, il est directeur des ports de la Chambre de Commerce et d’Industrie Nice Côte-d’Azur. A ce titre, il est responsable du développement et de l’exploitation des ports de commerce des Alpes Maritimes ainsi que du développement économique des secteurs maritimes et portuaires. À la fin 2009, il a été nommé directeur général de la CCI Nice Côte-d’Azur.

Propos recueillis par notre correspondant à Nice, Jean Veil.
Photos
: Norbert Huffschmitt,
Direction des Ports de la CCI Nice Côte d’Azur.