Chine3

ACTUALITES

- Le yuan chinois à son plus haut niveau depuis cinq ans
La Tribune
, 22 juin 2010. « Le yuan chinois a bondi ce mardi pour toucher son niveau le plus élevé depuis la réévaluation de la devise en 2005, la banque centrale ayant montré qu’elle tolérerait une hausse de la devise conformément à sa promesse d’assouplissement du taux de change. (…) Maintenant, les marchés vont observer la banque centrale, pour voir si elle s’abstient d’intervenir sur les changes comme lundi, ce qui suggérera qu’elle est satisfaite de laisser faire le marché. (…) Selon une enquête de Reuters auprès de 33 économistes, le yuan devrait finir l’année à 6,67 yuans pour un dollar, soit une hausse de 2,4% par rapport à la fin de la semaine dernière, avant l’annonce de ce week-end. »

- Le nouveau régime du yuan va ressembler à l’ancien
Reuters, Obscom, 21 juin 2010. « La Chine maintiendra le taux de change du yuan à un niveau stable, a déclaré dimanche la banque centrale, ce qui laisse penser que son nouveau régime de change devrait beaucoup ressembler à l’ancien. (…) Dans un long communiqué détaillant la mise en oeuvre de la réforme, la banque centrale exclut explicitement une réévaluation immédiate du yuan. Elle souligne également à plusieurs reprises que rien ne justifie une importante réévaluation et ajoute que la devise n’est pas très éloignée de son niveau pertinent. »

- Wall Street salue la décision chinoise sur le yuan
La Tribune, 21 juin 2010. « Les places américaines poursuivent leur rebond ce lundi, le Dow Jones évoluant à son plus haut niveau depuis un mois. Les marchés saluent l’assouplissement de la politique de change chinoise. »

- Chine: forte hausse de l’investissement étranger, craintes pour l’inflation
AFP, Le Point
, 12 juin 2010. « L’investissement étranger direct en Chine a augmenté de 14,3% (sur base annuelle) au cours des cinq premiers mois de 2010, a annoncé samedi le gouvernement chinois. (…) Ces chiffres marquent une accélération par rapport aux 11,3% constatés entre janvier et avril et les 7,7% du premier trimestre et contribuent à renforcer les craintes sur un regain de l’inflation en Chine. (…) Les statistiques regroupent les investissements de compagnies étrangères dans des secteurs tels que la manufacture, l’immobilier, l’agriculture, mais ne tiennent pas compte de l’argent déposé dans les banques et autres établissements financiers. (…) Cette augmentation a dépassé celle d’avril qui se situait à 2,8% ainsi que l’objectif du gouvernement fixé à 3% pour l’année, ce qui pourrait amener les décideurs chinois à relever les taux d’intérêt, selon les analystes. »

- Le taïwanais Foxconn augmente ses salaires de 70%
Challenges, 7 juin 2010. « A compter du 1er octobre, l’entreprise qui fournit des composants électroniques pour des multinationales comme Dell, Apple, Hewlett-Packard, fera passer les salaires mensuels des ouvriers travaillant à Shenzhen de 1.200 yuans à 2.000 yuans (290 dollars), a déclaré une porte-parole du groupe. « Nous reconnaissons notre responsabilité en notre qualité de leader dans la fabrication de composants électroniques et nous prenons cette responsabilité très au sérieux », a déclaré le président et fondateur du groupe, Terry Gou, dans un communiqué. (…) Pour des groupes de défense des travailleurs, cette série de suicides dans les usines chinoises du groupe taiwanais reflète les difficiles conditions de vie de millions d’ouvriers en Chine, astreints à de longs horaires et d’intenses pressions, vivant souvent dans des dortoirs et loin de leurs familles. »

- Le combat des salariés d’Honda « pour toute la Chine »
Le Monde, 6 juin 2010. « Jeudi, dans une lettre ouverte reprise sur les sites d’information chinois, les grévistes dénonçaient ces « prétendus syndicalistes » qui préfèrent recourir à la violence « au lieu de défendre les intérêts collectifs des travailleurs ». Ils « espèrent que le reste de la société chinoise, comprendra » et précisent : « Nous ne nous battons pas simplement pour les droits des 1 800 ouvriers de (HONDA), mais pour celui des travailleurs de toute la Chine ! » (…) « A l’ouverture de l’usine, il y avait beaucoup de gens du Guangdong. Puis ils ont démissionné, la paie était trop faible. Ils recrutent donc des stagiaires d’écoles de partout en Chine. »

- Pourquoi la Chine ne peut plus éviter d’augmenter les salaires
L’Expansion, 4 juin 2010. « Le modèle de croissance chinois, fondé sur une main d’oeuvre docile et pas chère, est-il menacé?  La grève dans les usines chinoises de Honda et les suicides en série chez  le sous-traitant électronique Foxconn, semblent en tout cas symboliques d’un tournant. Ces deux évènements ont débouché sur de fortes hausses salariales. Et Pékin a validé ce constat d’une insuffisance des rémunérations en décidant de façon spectaculaire, vendredi, d’augmenter le salaire minimum de 20%. Soit deux fois que lors des revalorisation annuelles habituelles. (…)
Pour le chercheur Jean-François Huchet, directeur du Centre d’études français sur la Chine contemporaine, le fait que les autorités provinciales aient laissé s’installer le mouvement de grève chez Honda est aussi révélateur d’une volonté de l’Etat central d’obliger en priorité les entreprises étrangères à revaloriser les salaires. Reste que le problème des salaires en Chine est bien général. Leur évolution est loin d’avoir suivi celle de la productivité du travail. (…)
L’autre élément fort de ces conflits est la combativité des salariés, forts des nouveaux droits conquis depuis 2007, comme en témoigne le ton de la lettre ouverte adressée mercredi par les salariés de Honda
(…) Très revendicatifs, ils disent vouloir montrer la voie d’un combat exemplaire pour les droits des travailleurs. Selon la Cour populaire suprême, le nombre de poursuites judiciaires liées au travail a augmenté de 95% l’an dernier. »

- La Chine met au point un superordinateur, deuxième plus puissant au monde
Le Monde, AFP, 2 juin 2010. « Dans le top 500 des ordinateurs les plus puissants, principalement utilisés à des fins de recherche, la Chine compte un total de 24 machines (4,80 % du marché), dont deux dans les dix premières places, avec le super-ordinateur Tianhe-1 en numéro sept. Les Etats-Unis occupent toujours la première place avec leur super-ordinateur Jaguar, sous l’égide du département de l’énergie ; ils dominent largement le classement mondial, avec 282 systèmes. (…) Au niveau européen, le Royaume-Uni compte 38 modèles, l’Allemagne 24, et la France 27. Installé au Centre informatique national de l’enseignement supérieur de Montpellier, le super-calculateur Jade se hisse au dix-huitième rang mondial. »

- La Chine jette un coup de froid aux marchés
Le Figaro, le Financial Times, 26 mai 2010. « La Chine s’interrogerait sur le montant de ses réserves en obligations souveraines de la zone euro. C’est ce que révèle le Financiel Times ce mercredi soir dans son édition en ligne. (…) Si la Safe réduisait le montant de ses réserves de changes en euro, il s’agirait d’un énorme changement d’attitude de la part de la Chine, qui réduisait depuis un an son exposition au dollar. (…) Les craintes de turbulences sur les marchés financiers rendent très improbable une initiative rapide des autorités chinoises, visant par exemple à réduire leurs réserves en euros, ce qui pourrait effectivement réduire leur exposition mais provoquer des dommages collatéraux bien plus graves. »

- Vinexpo Asie: la Chine, moteur du marché mondial du vin
Le Parisien, 23 mai 2010. « La quatrième édition de Vinexpo Asie Pacifique, réunissant 840 exposants de 32 pays, s’ouvre mardi à Hong Kong, alors que la crise économique mondiale a poussé les pays exportateurs à mettre l’accent sur le marché le plus dynamique et prometteur au monde: la Chine. (…) « La Chine et Hong Kong constituent les marchés les plus dynamiques d’Asie, avec une consommation par habitant en hausse et des importations en forte croissance (+8,7 millions de caisses de 9 litres en 2008). C’est vers ces marchés que se tournent les producteurs alors que l’Europe et les Etats-Unis sont en sortie de crise ».
Le Japon, 7ème pays au monde par le chiffre d’affaires des vins importés reste le premier pays importateur de la zone. Mais à l’horizon 2013, la Chine aura presque rattrapé le Japon par ses importations de vins en valeur, selon Vinexpo. L’Asie-Pacifique concentre par ailleurs 50,6% de la consommation mondiale de spiritueux. Entre 2009 et 2013, cette consommation devrait de nouveau progresser de 4,7% »

A LIRE OU RELIRE

LAO SHE. UNE CHINE SI PROCHE …

cat_1273135817_1Ecrits de la maison  des rats (Editions Philippe Picquier, 2010. Traduit du Chinois par Claude Payen). Ce livre rassemble une série de courts articles (dont l’un a donné son titre au recueil) écrits par LAO She entre les années 1930 et la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
Un style simple, très personnel et des récits d’un humour irrésistible, dispensé avec légèreté, par petites touches.
On se sent proches de la Chine et de LAO She.
Ecrits de la maison des rats donne envie de redécouvrir ou découvrir l’auteur du Pousse-pousse et de Gens de Pékin

Suite des livres après la revue d’actualités

ACTUALITES (suite)

- Corée du Sud, Japon et Chine oeuvrent pour créer une zone de libre échange
AFP, 23 mai 2010. « Les ministres du Commerce de Corée du sud, de Chine et du Japon, sont convenus d’oeuvrer en vue de la création d’une zone de libre-échange regroupant les trois pays, selon une déclaration commune publiée dimanche à l’issue d’une réunion à Séoul. Selon le texte, les trois ministres ont confirmé qu’une étude de faisabilité sur ce bloc commercial serait achevée d’ici à deux ans. »

- Le porc chinois bientôt coté à Paris
La Tribune
, 21 mai 2010. « Après les vêtements et l’électronique, les Chinois nous vendront-ils bientôt leur charcuterie ? C’est en tous cas le souhait d’Agfeed, l’un des plus importants spécialistes chinois de l’alimentation et de l’élevage de porcs en batterie. La société, cotée depuis 2007 au Nasdaq américain, veut diversifier ses sources de capitaux en se lançant sur Alternext à Paris. (…) Le tour de table européen doit lui servir à entrer dans une troisième phase de développement. Après la nourriture et l’élevage, développé depuis deux ans grâce au rachat d’une trentaine de petits acteurs locaux, Agfeed se lance dans l’abattage et le conditionnement, avec deux nouvelles usines à Dahua et XinYu dans le sud-est du pays. Agfeed entend séduire. »

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- La Chine reste l’acteur majeur des marchés de commodités
L’Usine Nouvelle, 17 mai 2010. Entretien avec Philippe Chalmin, Enseignant à l’Université Paris-Dauphine et responsable de Cyclope, publication qui aborde l’analyse de l’ensemble des marchés mondiaux de matières premières (à paraître cette semaine pour l’édition 2010).
« Le sous-titre de la dernière édition de Cyclope, «  La Renaissance du Palais d’été », illustre bien l’importance de la Chine pour les marchés de matières premières. Mais les marchés souffrent d’un déséquilibre car ils ne sont tirés que par ce seul moteur, la Chine. La demande des pays occidentaux reste poussive, particulièrement en Europe. La sidérurgie occidentale pourra-t-elle supporter une hausse du prix du minerai de fer provoquée par la seule demande chinoise ? (…) La stratégie énergétique de la Chine la pousse à investir massivement dans l’énergie et les minerais, y compris dans des pays où les autres ne vont pas, pour satisfaire des besoins en croissance accélérée. »
Rapport CyclOpe 2010, « La renaissance du Palais d’Eté ».
Sous la direction de Philippe Chalmin. Une édition anglaise de CyclOpe 2010 est publiée simultanément et sera disponible en Juin 2010. Pour la première fois CyclOpe sera aussi traduit en chinois et publié à Pékin en Septembre 2010.
Sur le même sujet :
- Ressources naturelles : la renaissance de la Chine
Le Figaro, 18 mai 2010. « L’industrie chinoise, qui non contente d’avoir perturbé le marché du minerai de fer, de s’approprier des terres agricoles et des mines en Afrique, va-t-elle influencer les cycles économiques ? «Sommes nous dans un super cycle, dans lequel les matières premières vont rester durablement à un niveau élevé?» s‘interroge Philippe Chalmin. Probablement. Les investissement dans les matières premières, et notamment les matières premières agricoles, restent inférieurs aux niveaux qu’ils devraient atteindre pour suivre la croissance de la demande. Les matières premières, dans leur immense majorité, devraient donc rester à des niveaux élevés pendant encore au moins une bonne dizaine d’années. »
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Les prix sont « au plus haut » à cause de la Chine
Le MOCI, 18 mai 2010. « Si l’on excepte quelques marchés où « la Chine ne pèse pas », comme le riz, le blé, le café, le cacao ou le sucre, ce pays, « deuxième puissance économique mondiale devant le Japon, premier exportateur mondial devant l’Allemagne, est aussi devenu l’importateur de référence des matières premières et des commodités dans le monde », note Philippe Chalmin. Et l’artisan du Cyclope 2010 de noter que la Chine est «le deuxième importateur mondial d’énergie, un acteur majeur dans le charbon – premier producteur de la planète et importateur important – premier acheteur mondial de métaux non ferreux, de vieux papiers, de lait, de coton ou de soja, deuxième importateur mondial de ferraille». Enfin, dans les minerais de fer, le système de négociations annuelles entre les grands opérateurs  « a éclaté » et les prix de référence « sont devenus chinois. »

- La Chine, premier déficit commercial français
L’Expansion, 13 mai 2010. « Cela est d’autant plus inquiétant que la part des importations françaises en provenance de Chine ne représente que 7,5% du total et devrait continuer à s’accroitre. En effet, le « made in China » monte en gamme. Même si 15% des importations sont encore des articles d’habillement, on constate une part croissante des achats de produits informatiques, électroniques et optiques. Exemple, les achats informatiques français, soit un tiers des importations totales en provenance de Chine, représentent la moitié du déficit bilatéral avec l’Empire du milieu. »

- En avril, la production industrielle a ralenti et l’inflation augmenté en Chine
La Tribune, 11 mai 2010. « La troisième économie mondiale a vu l’indice des prix à la consommation progresser le mois dernier de 2,8% en glissement annuel, contre une hausse de 2,4% en mars. Les ventes de détail ont, quant à elles, progressé de 18,5% sur un an en avril. De son côté, la production industrielle en Chine a progressé de 17,8% sur un an en avril. Au premier trimestre 2010, elle avait bondi de 19,6% en glissement annuel. »

- Politique

- Un regard sur la politique chinoise
L
e Temps, 1er mai 2010. « Le livre de l’ancien vice-premier ministre de la Chine Li Lanqing dévoile tout sur les coulisses du pouvoir chinois.  (…) Breaking Through, doit être lu sur deux plans. Au premier plan on suit une interminable trame de décisions prises entre dix, douze comités, conseils et congrès décrits par l’auteur. Cependant, une lecture avec des lunettes de politologue est éclairante sur le fonctionnement étonnant de ce pays nouvellement capitaliste et toujours autoritaire. (…)  Au départ, une décision plus ou moins autoritaire issue d’un cercle restreint autour du politicien Deng Xiaoping lançait le processus. Après le chaos et l’autodestruction de la nomenclature sous la «Révolution culturelle», il n’y eut pas de coup d’Etat, mais Deng et les autres ont établi une hégémonie intellectuelle. (…)
Un autre livre corrobore ces faits avec un regard extérieur. L’Américain Stefan Halper trouve que le «Beijing Consensus» (c’est le titre de son dernier livre, non traduit) remplace le fameux «Washington Consensus». (…) Les Chinois démontrent que «l’autoritarisme de marché» fonctionne. Halper le tient pour l’article d’exportation le plus envahissant. (…) Mais en Chine, le public commence à s’énerver des enfants milliardaires des grands notables politiques, y compris le fils de Deng Xiaoping. Attendons donc. »

Géopolitique

- Shanghai, vitrine de la puissance chinoise
Le spectacle du Monde
, mai 2010. « Mais la Chine et l’Inde ne sont pas les seuls à grimper à l’échelle de la puissance : outre la Russie, dont le rôle a été décisif depuis dix ans, et le Brésil, l’Indonésie pourrait être, demain, également de la partie. Ces montées en puissance semblent sonner immanquablement le glas du moment unipolaire américain inauguré en 1991. Elles n’annoncent pas pour autant un nouveau moment unipolaire qui, cette fois, serait asiatique. Elles dessinent, bien plutôt, les contours d’un monde multipolaire au sein duquel la Chine et l’Inde sont appelées à jouer un rôle déterminant. »
A lire : Chronique du choc des civilisations d’Aymeric Chauprade. Editions Chronique (2009).

9782724611540- Shanghaï 2010, vitrine d’une Chine conquérante ?
Le Monde Opinions du 11 mai 2010, par Claude Meyer, professeur à Sciences Po et auteur de Chine ou Japon : quel leader pour l’Asie ?, Presses de Sciences Po, 2010.
« Plus encore que la dépendance économique envers l’étranger, les déséquilibres sociaux représentent une menace inquiétante pour l’Etat-parti, car ils sont de nature à remettre en cause sa légitimité même. (…) En outre, l’industrialisation et l’urbanisation à marche forcée ont entraîné un véritable désastre écologique : la Chine, premier émetteur de dioxyde de carbone avec 21 % du total mondial, compte vingt des trente villes les plus polluées au monde. (…) L’heure n’est pas encore venue pour le duel frontal que Pékin engagera un jour avec Washington face au relatif déclin d’un Occident américano-centré. D’ici là, la Chine devra avoir retrouvé sa « juste place » dans le monde. Pour y accéder, il lui faut réduire sa dépendance envers l’étranger, corriger ses déséquilibres internes, conquérir la suprématie économique en Asie et s’imposer comme puissance globale  : la réalisation de ces objectifs conditionne la légitimité du Parti et peut seule faire accepter aux citoyens l’étroit contrôle social qu’il leur impose. »

- L’incroyable saga des Africains en Chine
Le Monde diplomatique, mai 2010. Travailleurs immigrés menacés d’expulsion. « Pour la première fois depuis six ans, la Chine a affiché un déficit commercial en mars (2,74 milliards de dollars). L’économie reste tournée vers l’exportation, dont Canton est l’un des fers de lance. Dans cette ville travaillent des migrants intérieurs (« mingong »), mais aussi des immigrés venus d’Afrique. »

- L’Afrique en manque de stratégie face à l’arrivée massive des Chinois
rue89, 9 mai 2010.
‘Lorsque je veux construire une autoroute, il me faut cinq ans pour conclure avec la Banque mondiale. Avec la Chine, c’est réglé en quelques jours : je dis oui ou non, et je signe.’ C’est en ces termes que le président sénégalais, Abdoulaye Wade, résumait, lors du sommet Union européenne-Chine de 2007, la nouvelle alliance entre l’Empire du Milieu et les pays africains. Ruée vers le pétrole au Soudan, déferlement des constructions routières et autres infrastructures en Algérie ou en République démocratique du Congo, exploitation tous azimuts des industries minières en Zambie ou en RDC… Les exemples se multiplient à l’infini : la Chine a fait de l’Afrique son «Far West», selon l’expression de Michel Beuret et de Serge Michel dans leur trépident recueil de reportages intitulé ‘Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir’ (éd. Grasset).
Pour le journaliste suisse Michel Beuret : ‘La contrepartie proposée par les Chinois consiste en des réalisations très concrètes. Ceux-ci irriguent le continent noir et proposent de le raccrocher à la locomotive de la mondialisation. Mais pour cela, il faut des infrastructures de base. On ne peut pas congeler de la viande sans réfrigérateurs. Les Chinois construisent les barrages, les routes, les ponts, les réseaux électroniques.’  Conclusion : ‘Les Africains peuvent faire valoir leurs intérêts dans les contrats avec leurs partenaires chinois. Mais pour cela, ils doivent se responsabiliser et jouer d’égal à égal non seulement économiquement mais aussi politiquement. »

- Shanghai Gesture

- Quand Shanghaï était aussi juive

Le Monde, 8 mai 2010 (Bruno Philipp). « 
Albert Londres (…) disait de Shanghaï qu’elle était « de mère chinoise, de père américano-anglo-franco-germano-hollando-italo-nippon-judéo-espagnol« .  (…) L’histoire des juifs de Shanghaï (…) et commence dans la deuxième moitié du XIXe siècle par l’arrivée de juifs irakiens établis à Bombay. (…) Le reste de la communauté juive arriva par vagues successives. (…) A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, ils avaient quitté la Russie tsariste. (…) Plus tard encore, et cette vague-là sera la plus importante, une vingtaine de milliers d’Ashkénazes d’Allemagne, de Pologne, d’Autriche et du reste de la Mitteleuropa parvinrent à se réfugier à Shanghaï au fur et à mesure que gagnait en Europe l’emprise du nazisme.  …)  Quoique dépourvu de tout sentiment antisémite et peu enclin à céder aux pressions nazies (…), l’occupant japonais décida tout de même, en 1943, de prendre une mesure coercitive : désormais, ils seraient tenus de ne plus sortir de la « petite Vienne » reconstituée du district de Hongkou, où proliféraient cafés, restaurants et boutiques. Une décision qui fera du quartier un ghetto, le seul de toute l’Asie. (…)  La synagogue Ohel Moshe (…)  est devenue un musée narrant le destin des juifs de Shanghaï. A l’intérieur, on lit une dédicace laissée par l’ancien premier ministre israélien Yitzhak Rabin. La Chine et l’accueil qu’elle réserva aux juifs, écrit-il, constitue « un acte unique d’humanitarisme qui a permis de sauver des milliers de vie ».

Religions, traditions et philosophie

- Jacques Pimpaneau : “Pour les Chinois, seule l’expérience peut fonder les croyances”
L
e Spectacle du Monde, mai 2010.
Sinologue, créateur, en 1972, du musée du Théâtre et des Arts populaires asiatiques (dit musée Kwok On), à Paris, Jacques Pimpaneau a été titulaire, pendant trente-cinq ans, de la chaire de langue et littérature chinoise à l’Inalco (ex-Langues 0).
A lire : Chine, culture et traditions de Jacques Pimpaneau, éditions Philippe Picquier.

« On peut parler de religion chinoise. Pour autant, bon nombre de concepts religieux occidentaux ne sont pas opératoires ici. (…) Le Tao, comme le Brahman dans l’hindouisme, c’est ce que l’homme ne peut pas connaître, ce qui est placé hors de sa compréhension.
(…) Ce ne sont pas des religions sans livre, mais des religions dont le livre n’est pas un dogme. (…)
Dans le cas du taoïsme, il faut distinguer, d’une part, la philosophie taoïste telle qu’on peut la tirer du Tao Te King et des grands philosophes taoïstes, et, d’autre part, la religion taoïste, qui comporte un certain nombre de croyances, notamment une astrologie des puissances stellaires. Quant au confucianisme, il est entièrement une philosophie, et une philosophie élaborée pour fonder une morale d’Etat. Dans les deux cas, on peut parler de sagesse pratique, car les Chinois ont toujours cette idée que c’est l’expérience seule qui peut fonder les croyances, et non un raisonnement, comme dans la philosophie occidentale. On met en scène cette sagesse à travers des récits et des anecdotes significatives. Ce qui est d’abord visé, c’est l’harmonie. En quoi consiste-t-elle ? Pour le taoïsme, il s’agit de retrouver l’harmonie entre l’homme et la nature, puisque l’homme en fait partie intégrante. Dans le confucianisme, c’est la recherche de l’harmonie sociale, laquelle est basée sur la hiérarchie entre gouvernant et gouverné, travail intellectuel et travail manuel, aîné et cadet.
(…) Il faut bien distinguer les deux Chine, celle des campagnes et celle des grandes villes et des régions côtières du Sud-Est. La seconde est surtout tournée vers la modernisation et le développement économique. C’est la Chine rurale qui, dès la chute de la Bande des Quatre (1976), a massivement renoué avec les croyances chinoises. Du coup, les temples se sont de nouveau remplis. »

(suite de la revue de presse en bas de page)

À LIRE ET RELIRE

GRANDIR DE 1949 À 2005 À  SHANGHAI

Pour ses aficionados occidentaux, Qiu Xiaolong est d’abord le père de l’inspecteur Chen, ce flic de Shangaï dont les enquêtes (Mort d’une héroïne rouge, Visa pour Shangaï, Encres de Chine,  De soie et de sang, La Danseuse de Mao…) ont souvent pour repère ou point de départ la période de la révolution culturelle. Cet arrêt sur image n’a rien d’un hasard. Qiu Xiaolong – qui après la répression des manifestations de la place Tian’anmen en 1989 s’est installé aux Etats-Unis – , a été marqué par les persécutions des gardes rouges dont son père et lui-même furent victimes.policier1 00srecadré

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Dans Cité de la poussière rouge (Liana Levi), Qiu Xiaolong il revient au pays de son enfance pour raconter la vie quotidienne des habitants d’un quartier de Shanghaï. Il retrouve le petit garçon qu’il fut, pour faire, de 1949 à 2005, la chronique des destins brisés et des retours de fortune, des coups du sort, des amitiés, trahisons et mesquineries, de l’arbitraire et des petits bonheurs soudains

- Brothers, Yu Hua (Actes Sud).
L’auteur de « Vivre ! » a reçu en 2008 pour ce livre le prix Courrier international du meilleur livre étranger. L’histoire de la Chine pendant un demi-siècle s’y raconte à travers deux destins croisés. « Ce roman est né de la rencontre entre deux époques. La première partie de l’histoire se déroule pendant la Révolution culturelle : une époque de fanatisme, de répression morale et de tragédies. (…) La seconde partie se passe à l’heure actuelle : une époque de subversion de la morale, de légèreté et de permissivité, l’ère de tous les possibles, plus encore que dans l’Europe d’aujourd’hui. »

AU NOM DU PÈRE

yan-lianke-songeant-a-mon-pere,M36762- Songeant à mon père, Yan Lianke (Philippe Picquier, traduit du chinois par Brigitte Guilbaud). Lire aussi l’article de Bernard Mialaret dans rue 89 et l’interview de Yan Lianke à l’occasion du salon du livre :
« Yan Lianke », la piété filiale et les changements de la Chine » : « Peut-être y a t-il engouement des éditeurs pour le souvenir du père, du fait de l’évolution très rapide de la famille en Chine. (…) C’est quelque chose de fondamental dans la société chinoise, mais dont l’importance tend à diminuer. L’enrichissement de la société, l’appétit de consommation, l’enfant unique, tout cela crée une génération très égoïste et les liens entre parents, grand-parents et enfants ne sont pas aussi étroits. C’est vrai à la ville comme à la campagne. »

Télérama, 1er mai 2010. : « Fragiles et mystérieuses, les premières nouvelles sont des petits cailloux blancs qui mènent à la dernière, temple imposant où le recueillement est de mise, pour mieux mettre en valeur l’humanité de l’être. Qu’est-ce qui relie ces courts textes, en dehors d’une écriture au cordeau et d’une grande piété filiale ? Le sens du sacrifice, force héréditaire, à double tranchant. L’abnégation est une constante familiale qui s’exprime dans toute sa dureté, mais qui aiguise les regards. Diaboliquement observateurs et perspicaces, les Lianke jettent sur leur pays un oeil secrètement critique, tout en exécutant leur devoir. »
« A tue-tête et à tête tue, tout chante en silence et délivre des messages d’espoir. Une fois découverte l’oeuvre flamboyante de Yan Lianke, on ne peut que rester tout ouïe, sur le qui-vive, dans l’attente d’autres traductions. »

- La danse enchaînée de Yan Lianke
Le Monde des Livres, 21 mai 2010. « Dans cette Chine contemporaine qui fascine autant qu’elle inquiète, devenue pour les médias occidentaux le prétexte de tout dire et d’enfiler beaucoup de perles, quelques écrivains poursuivent, entre tradition chinoise et apports occidentaux, un travail complexe et incertain de remise en scène du réel malgré la censure et les interdits. Car, si la révolution culturelle n’est plus, l’intervention politique et le contrôle idéologique demeurent. (…)  En dix ans, de ses premières autocritiques en 1994 à son renvoi de l’armée, en 2004, au moment de la publication de Bons baisers de Lénine (Picquier, 2009), il se révèle iconoclaste, satiriste. Au mépris des censeurs, il cultive sa liberté d’écrire, mais sans monter à l’assaut du régime la plume au canon. Car Yan Lianke s’en moque. Ecrire pour embrasser le monde, voilà tout ce qui importe : « Si la politique est puissante, comparée à la littérature, elle n’est qu’un plat sur la table du festin des lettres, qu’un bol de riz ordinaire dans la vie. » L’autocensure n’est pas qu’une affaire politique. Elle est partout, instinctive, inconsciente. « L’enfant qui se rend à l’école se croit libre et heureux, ignorant qu’il est déjà modelé par les règlements scolaires et sociaux », s’amuse Yan Lianke.  (…) « La littérature n’est à l’abri de rien, pas même d’elle-même. »

REPERES

achengrecadré1- Histoire de la pensée chinoise, Anne Cheng (Seuil).
« Que percevons-nous de la Chine ? Un brouhaha confus où se mêlent informations mirobolantes sur son économie, nouvelles alarmantes sur sa politique et interprétations plus ou moins fondées sur sa culture. (…) à l’issue d’un siècle de bruit et de fureur, la culture chinoise parvient à un tournant d’une histoire continue de quatre mille ans. (…) Que peut-elle avoir à dire d’essentiel à nous qui vivons dans l’Occident moderne? »

TOUT EST LANGAGE

- Cette étrange idée du beau, François Jullien (Chantiers, Grasset & Fasquelle).
« On croyait la langue transparente, sans se douter que dans ses plis nous commençons de penser.  À regarder  les dessins de Léonard, (…) on comprend que les Grecs aient si tôt fait de la forme la définition même de la beauté (…), l’accès à toute chose. (…)
Peindre, en Chine, ce sera faire apparaître, à travers ce qui s’étale et qui se réifie,
le procès intérieur qui le fait advenir et muter, dégageant ainsi sa dimension d’esprit : en rendant sensibles, non plus des qualités, mais des capacités ; non plus l’inventivité d’une composition (symétrie, proportions, et derrière elles la géométrie), mais des interactions où un trait engendre l’autre par « attirance et répulsion. »

LE SOUFFLE ET LE SIGNE

9782913366275

- Et le souffle devient signe
Portrait d’une âme à l’encre de Chine, François Cheng (L’iconoclaste, 2010)« Mon père ne m’a pas légué des meubles et des bijoux, mais des bâtons d’encre« , écrit le poète, essayiste et romancier François Cheng. « Tous les matins, je calligraphie pour me calmer, pour chasser le reste de cauchemars et entrer dans le rythme de la vie. » Prix de la francophonie pour l’ensemble de son oeuvre en 2001, François Cheng a été élu à l’Académie française en 2002. « En fin de compte l’écriture chinoise, tout comme la cosmologie, se propose de capter le rapport secret entre les choses et d’établir par là des relations entre l’homme et l’univers vivant par un vaste réseau de signes. » 125 pages d’écriture claire et de poésie, magnifiquement illustrées.

« Avant de dessiner
un bambou
Laissez le croître
d’abord en vous »

Su Si
François Cheng. Et le souffle devient signe, L’Iconoclaste.

Olivier Barrot présente le livre depuis le musée Guimet :
regarder la vidéo de l’INA

François Cheng recadré« La beauté est une rencontre »
François Cheng, Le livre du Vide médian, Albin Michel.

- La voie du Tao
Recueil de textes. Présentation et préface d’Alexandre Lavis (Pocket, Agora).
« S’il me fallait retenir un précepte révélateur de l’esprit propre au taoïsme, ce serait sans doute celui-ci : S’abandonner aux rythmes spontanés de la vie et ne jamais en rajouter » (Zhuangzi, livre V). » « Il est, avant tout, l’aventure totale que peut mener un homme au coeur du réel. (…) Il s’agit simplement d’entrer en rapport avec ce qui se tient sous nos yeux, avec ce qui est si proche et si propre qu’il nous est devenu impossible d’en prendre la pleine mesure. »

FÊTES ET BANQUETS

- Fêtes et banquets en Chine, William Chan Tat Chuen (Picquier poche).
« Commentaire d’un rituel saisonnier, le banquet lui-même est symbolique d’un langage régi par des règles de communion et de partage précises et spécifiques à chaque événement de la vie. A chaque plat, les traditions culinaires chinoises ont affecté des propriétés métaphoriques. C’est ainsi que les Chinois utilisent beaucoup les signes homophones de leur langue : certains noms de plats peuvent signifier un souhait de bonheur, de longévité, comme les nouilles préparées à l’occasion d’un anniversaire. » Origine des habitudes alimentaires, vertus médicinales attribuées aux aliments, importance de la langue et des homophonies, légendes, protocoles et rituels, avec de très nombreuses recettes traditionnelles cantonaises, originales et simples à réaliser.

LUWENFU2recadré- Vie et passion d’un gastronome chinois, Lu Wenfu (Picquier poche).
Réédité à plusieurs reprises depuis 1982, ce livre a connu un grand succès en Chine et a été adapté au cinéma. À travers l’histoire de Zhu Ziye, l’éternel gastronome, et de Gao, indigné par tant d’oisiveté et épris de justice révolutionnaire, « ce sont quarante années de vie chinoise autour de la table qui sont évoquées ici, témoignant de la survie des traditions culinaires. Ce roman, prévient François Sabban dans son introduction,
se déguste une serviette autour du cou. »

- Recettes chinoises pas à pas, Hachette livre (Marabout). Woks et plats sautés, art d’accommoder le riz, soupes,  plats principaux, accompagnements.

RENDEZ-VOUS À  SHANGHAI

- 4 façons de se loger à Shanghaï
Version Fémina, 19 au 25 avril 2010. « La cité chinoise se met en quatre pour son exposition universelle ». Comment y séjourner : version luxe (au Peninsula), version écologique (à l’Urbn), nostalgique (au Donghu hotel) ou Bed and Breakfeast (au Qintet).

- Guide Shanghaï chic
Editions du Pacifique, 208 pages.

DANS LA PRESSE (SUITE)

- Shanghai coulisses
Trois régions françaises auront leur pavillon à Shanghai
Les Echos, 30 avril 2010. « L’Alsace, l’Ile-de-France et Rhône-Alpes auront leur pavillon à Shanghai, où un espace a été dédié aux questions urbaines. Au moins un tiers des régions ont prévu de s’y rendre. Jamais les collectivités locales n’auront été aussi présentes au sein d’une exposition universelle. »
Le pavillon de la France

Le Point, 29 avril 2010. « Parrainé par Alain Delon, conçu par Jacques Ferrier sur le thème de « La ville sensuelle », avec son miroir d’eau et son jardin vertical, il séduit, et 10 millions de visiteurs y sont espérés. Un certain art de vivre y sera montré, des sept chefs-d’oeuvre prêtés par le musée d’Orsay, dont « L’Angélus » de Millet, aux techniques les plus novatrices (matériaux, voitures, etc.) en passant par la célébration de mariages romantiques et l’animation onirique et interactive imaginée par la maison Vuitton, qui a voulu « un poème surréaliste ». On y pénètre par une réplique de l’entrée de métro Art nouveau réalisée par Hector Guimard dans les années 1900 justement. Un mannequin pousse le rideau et le voyage virtuel au-dessus de Paris commence. »
L’exposition de Shanghai comme si vous y étiez
La Tribune, 30 avril 2010. « Ce 1er mai, Shanghai ouvre ses portes à 70 millions de visiteurs pendant six mois pour l’Exposition Universelle. C’est l’occasion pour la ville de vanter ses progrès en matière d’urbanisation et de montrer ce que la Chine fait de mieux en la matière. Mais l’Exposition s’inscrit surtout dans un plan plus global : faire de Shanghai un centre d’échanges internationaux d’ici à 2020. »
Le prodige Shanghai

L’Express du 22 au 29 avril 2010.Un dossier spécial de 40 pages et une « ballade dans la belle Shanghai » à travers l’Express Style.
« A l’heure de l’exposition universelle, la cité-vitrine affiche son ambition : devenir l’une des villes phares du monde. (…) Aucune agglomération dans l’histoire de l’humanité, n’a été transformée de manière si radicale en un laps de temps si court. (…) L’expo vient couronner une période de croissance et marque le lancement d’un nouveau départ. (…) Elle sera, si les échéances sont respectées, la capitale financière de la Chine et pourquoi pas de l’Asie toute entière. (…)
La cohésion sociale est mise à mal par l’arrivée de nouveaux riches, qui s’expriment en mandarin, aux côtés d’une population plus âgée, qui parle le dialecte shanghaien et rejetée, au gré des réalisations immobilières, vers des banlieues toujours plus lointaines. Davantage que dans le reste de la Chine, enfin, parents et enfants semblent habiter des planètes différentes et peinent à trouver un langage commun. »
L’armée des chiffonniers de Shanghai
L’Express 29 avril 2010. « Rencontre avec les soutiers de la mégapole chinoise, avant le lancement de l’Expo internationale. (…) « Nos salaires fluctuent en fonction des cours du marché des produits que nous recyclons, explique Xiaoyan, l’une des responsables. En 2007, la tonne de cuivre se revendait de 70 000 à 80 000 yuans [de 7 500 à 8 600 euros] ; depuis, le cours a baissé d’un tiers. D’autres produits sont en hausse. » « Avec Deng Xiaoping, nous sommes passés du communisme au capitalisme », explique avec un accent épais un chiffonnier grisonnant qui refuse de donner son nom. « La force de travail a été libérée, dit-il en montrant les gratte-ciel qui pointent. Mais les temps sont durs. Il y a trois ans environ, je gagnais environ 2 000 yuans par mois, et aujourd’hui 1 500. La crise est passée par là. »

- La Chine bientôt deuxième économie du globe
Capital, 16 avril 2010. « L’Asie s’impose comme le leader de la reprise mondiale, comme le prouve l’exceptionnel dynamisme de la Chine, dont la croissance du Produit intérieur brut (PIB) a atteint près de 12% au premier trimestre. L’Empire du Milieu est ainsi devenu l’an dernier le premier exportateur mondial, doublant l’Allemagne, et le premier marché automobile devant les Etats-Unis. La Chine devrait aussi devenir sous peu la deuxième économie du globe, dépassant le Japon en termes de PIB. »

- Un monde chinois, Comment Pékin s’impose sur les cinq continents
Courrier international,
avril 2010 n°1014. « En une décennie, l’omniprésence chinoise dans le monde est devenue une réalité. Les Chinois investissent, commercent et cherchent à diffuser leur culture. Pour y parvenir, ils déploient leur influence à tous les niveaux des échanges internationaux. Cette présence ne laisse personne indifférent. Certains la saluent, las des leçons occidentales, d’autres s’en méfient, craignant de voir leur pays passer sous l’influence de Pékin. »
. Comment la Chine dope ses exportations

« Alors que les grandes économies peinent à sortir de la récession, les exportations de la Chine s’envolent. Ce qui témoigne, notamment, de l’habileté avec laquelle ce pays exploite les incohérences des règles commerciales internationales afin de stimuler son économie au détriment des autres Etats. (…) La Chine sait qu’elle peut plus facilement progresser sur l’échelle économique, dans les technologies nouvelles et encore en développement, que dans les industries traditionnelles, et c’est ce qui explique pourquoi le pays, premier pollueur mondial, est également devenu celui qui soutient le plus activement les technologies vertes. »
. Le jour où les Chinois domineront la science

« La Chine passe d’une économie industrielle à une économie du savoir, fondée sur les travaux de ses propres instituts de recherche. L’émergence de la Chine en tant que grande puissance scientifique ne fait plus aucun doute. Il ne s’agit plus de savoir si ce pays deviendra un jour la première nation scientifique du monde, mais quand. Plus important encore, la multiplication des collaborations régionales montre que les nations d’Asie et du Pacifique ne s’appuient plus sur les partenariats avec les institutions européennes et américaines, traditionnellement à la pointe de la recherche mondiale. Désormais, pour l’Europe et les Etats-Unis, la question n’est plus de savoir s’ils doivent collaborer avec la Chine, mais d’arriver à convaincre les chercheurs chinois de travailler avec eux. »
. Imposer le point de vue chinois sur le monde
« L’ensemble des opérations médiatiques récentes constitue une politique destinée à proposer au monde extérieur une “perspective chinoise sur l’information”. Il s’agit d’“expliquer la Chine au monde”, souligne le quotidien pékinois Xin Jingbao. Les autorités chinoises veulent clairement prendre place dans le concert médiatique mondial et y apporter une perspective chinoise, en particulier dans le traitement des informations sensibles pour le pouvoir central. »

- La croissance record de la Chine relance le débat sur sa devise
Le Monde
, 17 avril 2010. « Où s’arrêtera la croissance chinoise ? Avec un taux de plus de 8% en 2008 et 2009 quand l’Occident s’enfonçait dans la récession, la Chine faisait déjà preuve d’une vigueur étonnante. Au premier trimestre, elle a fait mieux encore. Comparée au premier trimestre 2009, la croissance s’élève à 11,9 %. Un taux en partie dû au plan de relance adopté en 2009 mais aussi à la faiblesse du yuan. Pour éviter toute relance de l’inflation, celle-ci pourrait être réévaluée mais les effets d’une telle mesure resteraient limités. »
. L’atout monnaie dans les appels d’offre internationaux
« À l’avenir, le club ferroviaire des Alstom, Bombardier, Siemens et Mitsubishi va devoir compter de plus en plus avec des concurrents chinois. Et dans les appels d’offres internationaux pour les trains à grande vitesse, le yuan faible pourrait se révéler un atout décisif. »
. Dépenser toujours plus à Shanghai
« L’explosion de la consommation se heurte à l’obstacle des « trois montagnes » : les ménages doivent faire face aux dépenses de couverture santé, d’éducation et de logement. (…) Si le revenu qu’un ménage consacre à la consommation augmente en valeur absolue (…) sa part relative au produit intérieur brut (PIB) recule légèrement depuis 1998. »

- Pékin peine à guérir la Chine de sa folie immobilière
Les Echos, 20 avril 2010. « Les nouvelles mesures de refroidissement du marché de l’immobilier auraient été décidées, la semaine dernière, après la publication de statistiques montrant que les prix du mètre carré dans les grandes villes ont progressé, en moyenne, de 11,7 % en mars sur un an. Très inférieure à la réalité - les transactions sont traditionnellement «sous-estimées» par les vendeurs d’appartements qui veulent limiter les taxes dues à l’Etat -, cette poussée alimente la grogne des familles de classe moyenne, qui ne peuvent plus accéder à la propriété, et inquiète le pouvoir communiste qui accuse les spéculateurs de dérégler l’ensemble du marché. (…) Décortiquant ces nouvelles annonces, les observateurs doutaient, hier, de leur efficacité. Ils rappelaient notamment que la mise en place de ces contrôles relevait de la seule bonne volonté des banques commerciales, qui ont pour l’instant beaucoup profité des opérations spéculatives. »

- La Chine peine à juguler l’explosion des tensions dans le monde du travail
Le Monde, 20 avril 2010. « Entre ultralibéralisme et capitalisme d’Etat, la Chine peine à accoucher d’un système adéquat pour réguler des relations de travail explosives : les actions collectives se sont multipliées en 2009 et 2010, aussi bien dans les PME et groupes privés tournés vers l’exportation, dont la main d’oeuvre est constituée de jeunes paysans migrants, que dans les secteurs plus traditionnels, comme la sidérurgie. »

- Les nouveaux contours de l’Américhine
Le Figaro, Alexandre Adler, 17-18 avril 2010. « En apprenant à gérer ce rapport géopolitique, qui demeure complexe, mais pas insurmontable, Chinois et américains, auxquels doivent se joindre à terme Européens et Japonais, peuvent avec patience et bonne foi trouver le mode d’emploi de la stabilité géopolitique de notre monde. On sait que Bismarck avait su maintenir une forme d’équilibre européen que ses successeurs n’hésitèrent pas à démanteler. La Chine a eu son Bismarck en la personne de Deng Xiaoping, dont le génie est à ce jour encore méconnu. Souhaitons qu’elle s’évite à tout prix un nouveau Guillaume II. »

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